La SNCB veut continuer à jouer pleinement son rôle de colonne vertébrale de la mobilité et demande dès lors l’attribution de la mission de service public pour une durée de 10 ans

La SNCB veut continuer à jouer pleinement son rôle de colonne vertébrale de la mobilité et demande dès lors l’attribution de la mission de service public pour une durée de 10 ans

Le transport ferroviaire a besoin de plans d'investissement sur le long terme

Lors de la Commission Mobilité du Parlement Fédéral de ce mercredi 8 juillet, Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB, et Olivier Henin, CFO, ont fait le point sur la manière dont la SNCB a géré et continue de gérer la crise du COVID-19 pour permettre d’assurer un service ferroviaire qui n’a jamais cessé de fonctionner, dans les meilleures conditions de sécurité sanitaire. Il ont évoqué l’ensemble des impacts de cette crise sur le fonctionnement et les finances de l’entreprise, et reformulé les demandes de la SNCB vers les autorités publiques, plus que jamais essentielles pour l’avenir de l’entreprise et la continuité de sa mission de service public.

Pendant la crise du COVID-19, la SNCB a pleinement rempli sa mission en tant que colonne vertébrale de la mobilité, au profit de l’économie du pays et des déplacements essentiels. Dès le début des mesures de confinement en mars dernier, l’opérateur ferroviaire est rapidement passé à un Service de Trains d’Intérêt National, pour ensuite reprendre tout aussi rapidement une offre ferroviaire quasiment complète dès le début du mois de mai.

La SNCB continue à assurer cette mission par une offre de trains maximale (contrairement à d'autres pays) pour permettre aux voyageurs de se déplacer en train en toute sécurité. Pour y parvenir, la SNCB a pu compter sur l’enthousiasme et la flexibilité de ses collaborateurs dont l’absentéisme a rapidement retrouvé un niveau normal en ces temps de crise sanitaire.

Parallèlement, la crise du COVID-19 a souligné l’importance de la continuité d’un service de transport sûr et efficace. Afin de préserver cette continuité, la SNCB plaide à nouveau et avec insistance pour que, dans le cadre de la libéralisation du trafic ferroviaire, la mission de service public lui soit attribuée pour une durée de 10 ans. En tant qu’opérateur historique, la SNCB peut se prévaloir des connaissances et de l’expérience requises pour l’ensemble du réseau. 

Des exemples à l’étranger ont déjà démontré que la libéralisation du réseau engendre une certaine fragilité.

L’importance d’une vision et d'investissements à long terme

L’exécution de cette mission de service public requiert non seulement une vision ambitieuse et concertée de la mobilité, mais également des plans d'investissement et de financement à long terme pour la poursuite du développement d’infrastructures d’accueil confortables, de la digitalisation, du matériel roulant et de systèmes d’entretien performants.

Grâce à la croissance constante du nombre de voyageurs et à la bonne maîtrise de ses dépenses, la SNCB enregistre de bons résultats financiers depuis ces dernières années. Cela lui permet non seulement de réduire davantage la dette économique, mais également d’investir sur ses propres fonds dans le développement des services aux voyageurs.

La SNCB est certes très rapidement revenue à une offre ferroviaire quasi normale, mais le nombre de voyageurs - et donc les recettes - est bien inférieur au niveau d’avant la crise, et cela ne se rétablira pas complètement sur le court terme. Cela signifie qu’en 2020, au lieu d’un bénéfice initialement attendu de 108 millions d’euros, la SNCB enregistrera une perte opérationnelle estimée (EBITDA cash récurrent) à 290 millions d’euros.  Au total, c’est donc une perte de 398 millions d’euros qui est envisagée. D’autre part, la SNCB négocie avec le gouvernement une compensation financière pour l’implémentation de la mesure liée à la distribution de titres de transports gratuits à la population (les frais et pertes de revenus sont estimés à 110 millions d’euros).

Vu l'impact économique et sanitaire structurel attendu sur le comportement de nos voyageurs (deux jours de télétravail par semaine deviendraient par exemple la nouvelle norme), les résultats de la SNCB devraient rester sensiblement sous pression durant les prochaines années. La SNCB prendra toutes les mesures nécessaires pour rétablir et maintenir la confiance de ses clients dans la sécurité des transports en commun.

La crise met également sous pression le financement des investissements de l’entreprise pour le développement de ses services. Le plan d'investissement 2020-2030 avait identifié des investissements pour un montant de 8,26 milliards d’euros, dont la majeure partie était couverte par des perspectives de dotations d’investissement. A niveau constant de dotations d’investissement, la SNCB devait malgré tout couvrir un déficit de financement de 1,19 milliard d’euros. En temps normal, le nombre croissant de voyageurs couplé aux efforts de productivité de l’entreprise auraient pu lui permettre de couvrir une grande partie de ce montant, en réservant 839 millions d’euros de bénéfices opérationnels prévisionnels. Il aurait alors fallu encore trouver un montant de 351 millions d’euros. Cependant, vu l’impact structurel de la crise du COVID sur le nombre de voyageurs et les recettes attendues, cette hypothèse n’est plus réaliste. Le déficit d’investissement attendu s’élèverait dès lors, faute de financement sur l’excédent d’exploitation, à 1,19 milliard d’euros.

Ce contexte requiert plus que jamais une vision claire et concertée de la mobilité ainsi qu’une visibilité sur les plans d'investissement à long terme qui permettront de concrétiser cette vision.

Vincent Bayer
Vincent Bayer Porte-parole SNCB
Elisa Roux
Elisa Roux Porte-parole SNCB

 

 

A propos de la SNCB

Avec plus de 900.000 voyageurs par jour (avant la crise du COVID-19), la SNCB veut être la solution pour une mobilité confortable et durable en Belgique. Son objectif : des clients satisfaits qui considèrent le train comme une solution évidente à leurs besoins en mobilité. La SNCB investit dès lors dans un mode de transport orienté client, dans des trains ponctuels et bien entretenus ainsi que dans des gares confortables, fonctionnelles et qui intègrent parfaitement les autres modes de transport intermodaux. La SNCB compte 18.400 collaborateurs qui, chaque jour, placent le client au centre de leurs préoccupations.